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CNED cinquième : lecture cursive de Vipère au poing (Hervé Bazin)

Les élèves de cinquièmes ont travaillé sur les souvenirs d’enfance et d’adolescence par le biais (entre autres) de la lecture du roman Vipère au poing. Dans cet ouvrage, Hervé Bazin se remémore son enfance au sein d’une famille protestante très religieuse, dont la vie était rythmée par sa froide et stricte belle-mère tant haïe, Folcoche (surnom qu’il a inventé grâce à la contraction de “folle” et “cochonne”).
Pour ce travail, les élèves devaient inventer une nouvelle farce que le narrateur et ses frères auraient pu jouer à Folcoche, tout en respectant le cadre de la narration employé par Bazin.

“Ce soir là, mes deux frères et moi étions réunis, cachés dans la chambre de Fredie. Nos regards brûlaient, ils brûlaient d’un feu passionnément haineux. Nous étions tous conscients que cette fois-ci, nous allions taper fort, là où ça fait mal. Poussés par notre besoin de vengeance, nous établîmes un plan judicieux, visant le point le plus faible et tendre de Folcoche.

Après notre conseil, nous nous séparâmes donc. Je descendis alors le long de l’escalier, attentif au moindre son. J’arrivai finalement à trouver une bougie allumée. Elle ondoyait de flammes qui seraient notre arme. Je la pris soigneusement, comme un trésor, et je remontai en l’emportant avec moi.

J’attendis patiemment mes deux frangins à l’abri dans la chambre de Frédie. Durant ces longues minutes, je pensai à l’arrivée si dure de Folcoche, à ses interdictions injustes, à l’emploi du temps qu’elle nous avait imposé et qui était inadapté pour des enfants, aux nombreuses fois où elle nous avait giflé, battu, fouetté sans regret. Je pensai à la vipère qui ondulait entre mes mains que je resserrai jusqu’à ce qu’elle étouffe, parce qu’elle l’avait cherché, cette vipère.

Puis, ils arrivèrent, avec entre leurs doigts crispés, notre trophée : la collection de timbres si bien entretenue, adorée, aimée par Folcoche. Nous méprisâmes le livre du regard, secrètement jaloux de l’amour qu’il recevait. D’une main tremblante et avide, j’approchai la flamme du recueil tant aimé. Nous admirâmes alors les timbres se noircir et brûler lentement, comme une véritable torture. Chaque seconde nous fournit une immense satisfaction. Nous pensâmes tous:
“Voilà pour tout ce que tu nous as fait subir, Folcoche. Tu le mérites. Tu nous a fait souffrir et nous te ferons souffrir encore plus, Folcoche. Allez, souffre, souffre, brûle en même temps que ces pages !”.

Texte de Zoé (Year 8)